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AUTRES
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Vivre presque sans argent
tout aussi bien que les autres
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Ma
traversée de la France à
pied en un mois
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- Nous sommes en 1990, j'ai terminé mon
service militaire depuis deux an, je vis en galère
un peu dans ma maison a Burbure à
côté de chez mon père avec qui je
m'engueule presque tous les jours, évidemment il
est ivre et fini par me rendre la vie impossible.
- J'habite provisoirement chez Alida, ses parents sont
partis chez leur fille à Grenoble il me demande
donc de garder la maison et la famille, je fais
également à manger pour tous.
- Quand ils rentrèrent, ils me mirent gentiment
à la porte de chez eux surtout quand ils apprirent
que leur fille était enceinte de moi de plus de 3
mois !
- Je décide alors de quitter le Nord pour
revenir dans le sud avec Alida. Sans travail je n'ai pas
d'argent, je vends ma toute nouvelle chaîne
stéréo pour la somme ridicule de 300Fr de
l'époque soit 50€, je vais voir ma
grand-mère maternelle pour lui demander de
l'argent à prêter pour quitter la
région. Elle interprète mal ma
décision et refuse tout dû moins c'est ce
qu'elle m'avoua plus tard. Pour ma part je pense
plutôt qu'ayant quitté Nathalie un an et
demi plutôt, elle m'en voulait toujours, elle
n'aimait pas trop Alida…
- Tampis, je ne démords pas de quitter le Nord,
nous remplissons nos sacs Alida et moi, et un beau matin
du mois de juillet, nous prenons nos vélos qui
étaient des vélos de course, effectivement
en 90 les VTT n'existaient pas encore.
- Je laisse la clé sous le paillasson et
partons,
- Le premier jour, nous arrivons à Amien dans la
somme, certes la route n'est pas directe, mais il nous
est impossible de pratiquer les grands axes, nous ne
sessions d'ailleurs de faire des demi-tours car nous
arrivions souvent sur des routes interdites aux
cyclistes.
- Alida à vraiment du mal à suivre, elle
met souvent pied à terre et nous avançons
vraiment lentement, elle ne cessait de pleurer. Je
suppose même, qu'a un moment elle le faisait
exprès afin de rentrer.
- J'ai donc dû la menacer souvent de la laisser
là sur place, je continuais la route et me cachais
plus loin pour l'attendre.
- Deux jours plus tard et après moulte
crevaisons, ce sont les cadres des vélos qui ont
cassé, impossible de réparer, tout dû
moins pas sans argent. N'oublions pas que nous n'avons
que 50€ en poche.
- Ce jour là il pleut, nous sommes sous un abri
bus et décidons de continuer à pied et
d'essayer de faire du stop, Alida reprit goût
à la vie, en fait, elle ne supportait pas le
vélo tout simplement. Sous notre abri, il ne
passait pas grand monde sur cette route de campagne, nous
ne pouvions prendre le risque de marcher sous la pluie,
nous aurions mouiller tous nos effets.
- Le jour passa lentement et vers 20h il s'arrêta
enfin de pleuvoir. Nous, nous remettions en route et
traversions la ville de nuit. A la sortie de celle-ci, un
routier s'arrêta pour nous demander ou nous
allions, nous n'avions même pas le pousse
levé. Nous lui dîmes que nous allions vers
le sud, il nous fit monter à bord de son camion et
nous fit faire un bon en avant de 300 km
- C'est au petit matin qu'il nous laissa au bord de la
route car pour lui le chemin s'arrêtait là.
- Quelques secondes plus tard une voiture camionnette
stoppa à nos côtés pour nous demander
s'il pouvait nous déposer quelque part. Qu'elle
chance du moins le croyais-je à ce moment
là, le chauffeur était un belge qui
était retourné dans son pays pour aller
chercher des pommes de terre, effectivement nous nous
sommes installer sur des centaines de kilo de pomme de
terre recouvertes d'une couverture pour ne pas nous
salir. Le gars était super sympathique, il nous
proposa même de passer quelques jours chez lui dans
son haras afin de nous reposer avant de continuer la
route. Nous avons refusé cette invitation car nous
voulions arriver le plus vite possible et probablement
aussi par politesse.
- Nous roulâmes toute la journée, et enfin
il nous laissa quitter son véhicule il
était vers 17h.
- Nous marchâmes pour quitter la ville,
effectivement je préférais faire du stop en
dehors de celle-ci. Je regardais la carte routière
mais ne m'y retrouvais pas. En effet j'avais beau
chercher les noms indiqués sur les panneaux, mais
je ne les trouvais pas, rien à faire. Nous
continuions à marcher vers la sortie de la ville
quand je fus horrifié par la vue du panneau
barré indiquant l'agglomération dans
laquelle nous étions.
- Nous, nous trouvions à Bourges, et à
cause de son accent j'ai compris que le chauffeur aux
pommes de terre allait à Bourg, et oui nous nous
croyons à Bourg en bresse, mais nous avions fait
un détour de plusieurs centaines de
kilomètres vers l'Est au lieu du sud…
- Toute une journée d'avancée pour rien,
il nous restait plus qu'à repartir de l'autre
sens.
- Dégoûté de la vie ce soir
là nous n'avons pas monté la tente dans
laquelle nous dormions, nous, nous sommes
contentés d'ouvrir la fermeture de la porte et de
nous glisser dedans comme dans un sac de couchage,
à la suite de cela nous ne l'avons d'ailleurs plus
jamais monté.
- Les jours suivants furent longs, nous ne faisions que
marcher, personne ne nous prenait plus. Nous n'avions
pratiquement plus d'argent, pour manger nous n'avions
qu'une seule possibilité, celle de voler…
- En effet nous rentrions dans des grandes surfaces,
nous achetions une baguette de pain, et sortions avec un
camembert ou un paquet de jambon dans nos poches, Nous
n'avions jamais volé plus que cela pour manger,
sauf au jour dans un autre magasin un écran total
solaire car nous brûlions sur le bord de la route.
Ce qui était pénible, c'était le
goudron brûlant sous nos pieds, chaque fois que
nous trouvions une rivière ou un ruisseau,
c'était la fête, nous pouvions nous laver et
laisser nos pieds de longues minutes dans l'eau
fraîche.
- Je me souviens également de la douleur que me
procurait le sac à dos militaire que j'avais, ses
bretelles m'usait la peau des épaules, j'avais
trouvé comme remède de mètre un
rouleau de papier toilette sous chaque sangle
d'épaule pour atténuer la douleur.
- Pour boire nous avions chacun une bouteille de
plastique que nous remplissions dans les fontaines ou
parfois il nous arrivait de taper à la porte d'une
maison pour demander de remplir celle-ci. Il était
très fréquent que les gens après
nous avoir demandés ou nous allions voulaient nous
donner du vin ou de la bière, ou encore des jus de
fruits. Nous, nous efforcions à chaque fois de
leur faire comprendre qu'il fallait que nous ne buvions
que de l'eau pour nous déshydrater.
- Un jour une voiture s'arrêta à nouveau
à nos cotés, nous ne faisions plus de stop,
personne ne nous prenait de toute façon, et faut
avouer que nous étions brûlés par le
soleil et pas très beau à voir.
- Le chauffeur était un grand black, il me
demanda si j'avais le permis je lui répondis
qu'oui ce qui était la vérité, il me
demanda de prendre le volant, installa Alida sur le
siège passager et quant à lui s'allongea
sur la banquette arrière. Il nous expliqua qu'il
s'était fait arrêter par la gendarmerie
quelques minutes plutôt avec un joint à la
main, ceux-ci lui avaient donc retirer son permis de
conduire et lui on laissé un papier provisoire
pour aller chercher sa femme à Marseille qui
arrivait tout juste du Sénégal.
- Il se coucha et me dit de le réveiller
à l'intersection de l'autoroute Marseille-Aix en
Provence.
- Quatre heures plus tard nous le laissions repartir et
continuions notre route.
- Nous avons rejoint Aix, mais la les gens devenaient
de plus en plus ingrat, souvent même ils refusaient
de remplir nos bouteilles d'eau. Nous étions si
prêts du but, mais nous étions si
fatigués…
- Nous avons passé la nuit en dehors de la
ville, je me souviens même, que ce matin là,
c'est un renard qui m'avait réveillé en me
léchant la figure, j'ai hurlé de frayeur et
il s'est enfuit. De là, je pris la décision
de prendre le train jusqu'à Toulon, sans argent
bien sûr, donc sans billet, de toute façon
ils ne pouvaient pas grand chose contre nous, au pire
nous descendre au prochain arrêt…
- Nous avons encore mis presque trois jours de Toulon
à Cavalaire ou je voulais aller chez ma
mère. Bien évidemment je ne lui avais pas
dit que nous venions, il était absolument hors de
question de lui annoncer que nous allions traverser la
France à pied, je ne voulais pas
l'inquiéter.
- Arrivé à Cavalaire, sur le chemin de la
Maison de l'autre côté du trottoir
j'aperçois ma mère qui allait en ville
à pied, nous traversâmes la route et
là devant elle je lui dis :
- -" Alors madame, on ne reconnaît pas son fils ?
"
- Evidemment j'avais perdu plus de 10 kg,
j'étais noir brûlé par le soleil et
bien sûr pas très propre.
- Quelques semaines plus tard, Alida saigna et fit une
fausse couche, normal avec tout ce qu'elle avait subit
sur la route, de là ses chers parents qui
m'avaient signé une décharge car Alida,
n'avait que 16 ans, exigèrent avec l'aide de la
gendarmerie que leur fille rentre aussitôt. Ma
mère paya le billet de train, mais les gendarmes
exigèrent que je la raccompagne jusque chez sa
sœur à Grenoble. Ce que je fis, nous nous sommes
quitter avec pour promesses de nous retrouver, mais la
vie en à voulu autrement…
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